Tu ne m'as pas souhaité mon anniversaire. Au mois d'août, à ton retour du Maroc, tu m'as demandé la date exacte avec empressement, en prenant cet air affolé. Comme s'il était essentiel de t'en souvenir. Tu hésitais déjà. Le Jour J, pas de nouvelles. Je n'étais ni déçue, ni peinée, je me doutais bien que j'étais passée aux oubliettes. Tu avais d'autres chats à fouetter, baldingué par tes tourbillons. Je n'attendais rien et ca tombait bien. Pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que cet oubli te qualifie. Tu revendiques ton étourderie, presque comme une coquetterie. Quand nous vivions ensemble, je pensais souvent que tu n'écoutais pas. Et que c'était la principale raison de tes trous de mémoire et de tes "ah bon ?" "Je ne savais pas". "Tu ne m'as pas dit". Tu poses les questions sans attendre les réponses, toujours avec un train d'avance... mais qui est avec toi dans ce train mon vieil Ange, sinon toi et ton écho.