Il y a quelques mois, je me vantais de recevoir des visiteurs qui n'avaient rien à lire... puisque je n'écrivais pas. Ils se sont lassés  de mon vide. Leur absence me remet le pied à l'étrier? J'ai failli dire le pied à l'encrier, fière de ma trouvaille.  Ras le bol des mauvais raccourcis, des formules à deux balles. Je voeux du sens, je fais du son. 

Depuis des mois, je lutte avec l'absurde. Sur la table, il y a les solutions de l'équilibre, ca tient en un mot: FAIRE. Quand je travaille, je suis heureuse, légère, souriante, fière. Alors merde quoi. Je passe d'un excès (modéré) à l'autre. Quelques jours de belle et grand efficacité, suivis de journée d'épuisement où je lutte à peine contre le sommeil. L'inactivité m'endort, m'épuise, m'éteint. 

Je plie sous le poids des choses que je ne fais pas. Elles me réveillent la nuit, me mettent ko le jour. Je suis épuisée? En l'écrivant, j'ai poussé un long baillement à gorge que veux-tu.  La liste est longue, la dresser  m'aidera peut-être, quitte à vous ennuyer copieusement:

Feuille de soins. Oui, j'ai des remboursements qui dorment entre deux piles

Prothèse: je n'ai toujours pas envoyé la demande de prise en charge. 

Renouvellement 100%. Je crache sur le seul avantage d'une maladie au long cours. 

Pointer les relevés de banque: trois mois de retard environ

Finir la campagne de presse. Je ne finis jamais rien

Mettre à jour le fichier

Envoyer les échantillons 

Trouver la phrase à écrire sur une boite cadeaux 

Commencer les recherches du nouveau dossier de presse 

Transférer la TVA à Paris

Transférer ASSEDIC à Paris 

Rappel vaccin du chien 

Déposer le linge au pressing

Mettre à jour le fichier bâches

Régler la question "Clefs de mon vélo" resté bloqué dans un parking à vélo justement depuis que le (seul) trousseau a pris la tangente entre le bureau et le bureau.

Copier/coller ma liste dans un doc word, l'imprimer, l'afficher...  Ca c'est fait.