Extrait du 13 décembre. Tiens. C’est la veille d’une date anniversaire de mariage. Le 14 décembre 1985, j’épouse mon second époux. Sans amour.

Visionnages et crimes en série, insomnies matinales... on dirait que la balance penche du côté de la dépression. La vague est montée brusquement. je ne suis pas triste juste mal fringuée entre inertie diurnes et agitations nocturnes.Et vice versa.  L'angoisse me réveille aux petites heures. Déjà hier. Encore aujourd'hui. Je repasse en boucle le film des toutes dernières  limites franchies. Délais non tenus donc manque de respect, abus de position et j'ajoute manipulations... on dirait que je me fige à l'approche de la date. Je suis infoutue de rendre un texte à l'heure dite. MERDE. J'avais tout le temps.  Elle m'a offert tous les délais possible. J'ai 15 jours de retard. C'est à ça qu'il faut réfléchir: je me fige à l'approche de la date. Je fuis le rendez-vous du texte à rendre. 

Tôt, très tôt bien avant la fin de la nuit, SISTER DEAD est revenue en force. Quelles circonstances.  Je dors dans mon lit, à côté de ma soeur. Celle qui reste. Et c'est à elle que je confie, à l'heure d'une insomnie commune, le déroulé du rève sans faire le lien avec sa présence. Jusqu'à ce matin.  Elle est ma soeur. La soeur vivante. Je l'exclus du message. Sister dead ce n'est pas elle. Sister dead, ce n'est pas pour elle. Et pourtant je lui demande de se souvenir d'un rève que j'ai peur d'oublier. Parce qu'il fait un peu froid et qu'il fait sommeil. Pas le courage de sortir des draps pour aller chercher du papier et un crayon. 

Jusqu'à ce matin, je n'ai pas fait le lien. SISTER DEAD. C'est qui ? L'enfant-frère  mort né avant sa conception ? L'enfant-jumeau male mort quelques jours ou quelques semaines après sa conception ? Le désir de ma mère d'attendre un 6ème enfant ? De m'offrir un frère. Un enfant médicament parce qu'elle a peur de ma propre disparition. Elle est à peur de la mort de la soeur d'un enfant mort-né avant sa conception. Alors je suis SISTER DEAD. ou non.