frouchetouloumes

13 décembre 2012

5h15 du matin, donc

 Extrait du 13 décembre. Tiens. C’est la veille d’une date anniversaire de mariage. Le 14 décembre 1985, j’épouse mon second époux. Sans amour.

Visionnages et crimes en série, insomnies matinales... on dirait que la balance penche du côté de la dépression. La vague est montée brusquement. je ne suis pas triste juste mal fringuée entre inertie diurnes et agitations nocturnes.Et vice versa.  L'angoisse me réveille aux petites heures. Déjà hier. Encore aujourd'hui. Je repasse en boucle le film des toutes dernières  limites franchies. Délais non tenus donc manque de respect, abus de position et j'ajoute manipulations... on dirait que je me fige à l'approche de la date. Je suis infoutue de rendre un texte à l'heure dite. MERDE. J'avais tout le temps.  Elle m'a offert tous les délais possible. J'ai 15 jours de retard. C'est à ça qu'il faut réfléchir: je me fige à l'approche de la date. Je fuis le rendez-vous du texte à rendre. 

Tôt, très tôt bien avant la fin de la nuit, SISTER DEAD est revenue en force. Quelles circonstances.  Je dors dans mon lit, à côté de ma soeur. Celle qui reste. Et c'est à elle que je confie, à l'heure d'une insomnie commune, le déroulé du rève sans faire le lien avec sa présence. Jusqu'à ce matin.  Elle est ma soeur. La soeur vivante. Je l'exclus du message. Sister dead ce n'est pas elle. Sister dead, ce n'est pas pour elle. Et pourtant je lui demande de se souvenir d'un rève que j'ai peur d'oublier. Parce qu'il fait un peu froid et qu'il fait sommeil. Pas le courage de sortir des draps pour aller chercher du papier et un crayon. 

Jusqu'à ce matin, je n'ai pas fait le lien. SISTER DEAD. C'est qui ? L'enfant-frère  mort né avant sa conception ? L'enfant-jumeau male mort quelques jours ou quelques semaines après sa conception ? Le désir de ma mère d'attendre un 6ème enfant ? De m'offrir un frère. Un enfant médicament parce qu'elle a peur de ma propre disparition. Elle est à peur de la mort de la soeur d'un enfant mort-né avant sa conception. Alors je suis SISTER DEAD. ou non. 

 

 

 

 

 

 

 

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12 décembre 2012

ACCORD SISTER DEAD

Une, deux, trois semaines... il m'arrive d'oublier tout à fait l'existence de ce blog. Je me demande si la nouvelle est bonne: la distance avec la souffrance ? Je m'éloigne des terres où le feu brûle. Ma mémoire qui part en couilles ?  Hier encore, je demandais à ma fille de me rafraichir le gosier de mes souvenirs récents : elle m'avait donné une bonne idée de cadeau de noêl, je l'avais déjà oublié, digérée, rangé. Impossible de la retrouver.  A mesure que j'oublie les détails du jour, certains faits plus lointains me reviennent en mémoire. Figurez-vous que je rève. Mieux encore: ils me réveillent la nuit, je m'en souviens, je veux sortir de l'ombre pour écrire quelques mots pour ne pas les laisser filer. La première fois, ma soeur dormait à la maison, dans mon lit. Enfin, elle insomniait alors je lui ai demandé de noter mon rève dans un coin de sa tête, par flemme de sortir des draps chauds/frais: j'étais licenciée par l'un de mes principaux clients, le plus ancien aussi, le plus douloureux. Sidérée assise dans un bureau assombrie, un lieu sans fenêtre ou l'on chuchote la peur. Il y avait dans la pièce, un autre licencié. Le client est arrivé dans la pièce, en tenant un chèque du bout des doigts. Le montant était important mais sans commune mesure avec le préjudice. Sur la ligne de l'ordre, il était inscrit: ACCORD SISTER DEAD. J'ai ramené mon premier oiseau mort à ma psy. Fière de ce premier mort au combat. Pourtant, quand il s'est agi d'aller chercher le pourquoi du comment. Quand il fut question du sens. J'ai botté en touche, trois mots d'humour avant de quitter la scène du crime. 

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23 octobre 2012

Percutée par un chauffard, une voiture de police tue une prostituée

Une voiture de police tue une prostituée ?  On aurait pu lire bien des choses en somme. C'est un peu court, jeune-homme: 

Percutée par un chauffard, une voiture de police tue une droguée. 

Percutée par un chauffard, une voiture de police tue un chien

Percutée par un chauffard, une voiture de police tue une putain. 

Percutée par un chauffard, une voiture de police tue une coiffeuse coloriste.

Percutée par un chauffard, une voiture de police tue une professeure des écoles. 

Percutée par un chauffard, une voiture de police tue une comptable... 

Mais non, si la victime n'avait pas été pute ou droguée, on aurait parlé d'elle sur un autre ton. Elle aurait eu un âge, une famille, un vie, une histoire. Pas seulement un sale boulot, un métier perdu, un désespoir. 

Ce titre me trotte dans la tête depuis que j'ai ouvert Libération ce matin. D'autant que Le Parisien nous sert le fait divers à la même sauce. Quand on lit le papier, on comprend bien qu'il ne faut pas se tromper sur l'identité de la victime. Les plus à plaindre  sont les policiers et leur voiture. Dans la série: une fois de plus, ca recommence, la police est la cible de tous les sévices: les lecteurs sont gâtés. Un peu plus, on refermerait le canard en oubliant le début de l'histoire: quelqu'une est morte ce matin, aux aurores. 

La mort de cette femme noire, la mort d'une pute, c'est un dommage collatéral qui n'a aucun intérêt même pas celui de souligner sa malchance. Comme si être pute ne suffisait pas à la misère du quotidien. Il a fallu aussi qu'elle trouve une mort aussi incertaine qu'un problème de robinet ou de trains qui se croisent. Franchement, comment personne n'a eu l'idée de souligner sa déveine. Elle aurait pu mourir sous les coups de son propriétaire, attraper une maladie mortelle, rencontrer un client plus sadique que les autres. Non. Il a fallu qu'elle soit précisément là au mauvais moment quand un homme bourré a perdu le contrôle de son véhicule et percuté une voiture de police, qui l'a fauchée net.

Cette femme mérite un autre titre. Libération aurait pu parler de la mort d'une jeune femme de 20 ans, de 30 ou de 40 ans. On ne sait pas son âge l'histoire ne le dit pas. Et puis les putes n'ont pas d'âge. On devine sa couleur. Prostituée, c'est l'antonyme de Policier dans la presse. Si on avait lu dans Libé ce matin: une voiture de police tue un policier, nous aurions eu le cœur qui bat. L'envie d'en savoir un peu plus sur la famille de la victoire, entendre l'épouse, apercevoir les enfants. L'info serait montée à la Une au lieu de moisir dans la colonne des faits divers.

NDRL: victoire au lieu de victime: il y a des lapsus qui chamboulent.

http://www.liberation.fr/societe/2012/10/21/percutee-par-un-chauffard-une-voiture-de-police-tue-une-prostituee_854755

15 octobre 2012

JE ME DETESTE

Hier matin, il pleuvait. D'une main, je tenais la poussette. De l'autre, je tenais un petit beignet très moelleux. Il pleuvait. Les enfants nous rejoignaient à l'heure du déjeuner. Je venais d'acheter un gros roti, du pain et des petits beignets que je croquais goulument. La rue était presque vide. Il pleuvait, et le dimanche, les parisiens se réveillent un peu plus tard. Il a traversé la rue pour me rejoindre. Il avait quelque chose à me dire, quelque chose à me demander. Il était mouillé. Il n'était pas agressif. J'ai dit non en avalant une bouchée de beignet. J'ai dit non avant même de l'entendre. Non pour rien, non tout simplement. Il est reparti, sans insister, étonné de ma réponse. Je suis repartie, presque en colère. Quelques mètres plus loin, j'ai ouvert le sac pour attraper un autre beignet, j'ai croqué avidement, j'avais du chocolat plein les mains. J'ai enfin eu honte de ce refus gratuit, insensé, inexpliqué. Toutes mes raisons se sont effrondrées: l'enfant dans la poussette, la pluie, l'homme qui traverse pour me rejoindre. Evidemment, il n'y avait que moi dans la rue, la bouche pleine d'un beignet au chocolat dégoulinant entre mes doigts. Je n'ai pas essayé de le rattraper. Je deviens con ou quoi ? 

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09 octobre 2012

A ajouter dans la liste des choses que je ne fais pas..

Il ne faudrait pas l'avouer à ma psy qui n'est pas mon psychiatre... Dans la liste des choses que je ne fais pas, j'avais un peu zappé certains rendez-vous médicaux.  Dés que je perds le fil des rencontres... je ne sais plus raccrocher les wagons. Le train file, file .... il part de plus en plus loin et je reste sur le quai. 

Et aussi donc. 

rendez-vous psychiatre pour suivi médoc

rendez-vous pneumologue pour suivi médoc 

kiné respiratoire 

  • ·      Copier/coller ma liste dans un doc word, l'imprimer, l'afficher...  OK 

 

 

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ET TOC

Il y a quelques mois, je me vantais de recevoir des visiteurs qui n'avaient rien à lire... puisque je n'écrivais pas. Ils se sont lassés  de mon vide. Leur absence me remet le pied à l'étrier? J'ai failli dire le pied à l'encrier, fière de ma trouvaille.  Ras le bol des mauvais raccourcis, des formules à deux balles. Je voeux du sens, je fais du son. 

Depuis des mois, je lutte avec l'absurde. Sur la table, il y a les solutions de l'équilibre, ca tient en un mot: FAIRE. Quand je travaille, je suis heureuse, légère, souriante, fière. Alors merde quoi. Je passe d'un excès (modéré) à l'autre. Quelques jours de belle et grand efficacité, suivis de journée d'épuisement où je lutte à peine contre le sommeil. L'inactivité m'endort, m'épuise, m'éteint. 

Je plie sous le poids des choses que je ne fais pas. Elles me réveillent la nuit, me mettent ko le jour. Je suis épuisée? En l'écrivant, j'ai poussé un long baillement à gorge que veux-tu.  La liste est longue, la dresser  m'aidera peut-être, quitte à vous ennuyer copieusement:

Feuille de soins. Oui, j'ai des remboursements qui dorment entre deux piles

Prothèse: je n'ai toujours pas envoyé la demande de prise en charge. 

Renouvellement 100%. Je crache sur le seul avantage d'une maladie au long cours. 

Pointer les relevés de banque: trois mois de retard environ

Finir la campagne de presse. Je ne finis jamais rien

Mettre à jour le fichier

Envoyer les échantillons 

Trouver la phrase à écrire sur une boite cadeaux 

Commencer les recherches du nouveau dossier de presse 

Transférer la TVA à Paris

Transférer ASSEDIC à Paris 

Rappel vaccin du chien 

Déposer le linge au pressing

Mettre à jour le fichier bâches

Régler la question "Clefs de mon vélo" resté bloqué dans un parking à vélo justement depuis que le (seul) trousseau a pris la tangente entre le bureau et le bureau.

Copier/coller ma liste dans un doc word, l'imprimer, l'afficher...  Ca c'est fait. 

 

 

 

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25 septembre 2012

journée blanche

Hier... sans prévenir, le jour m'a clouée. Pas un geste. Prostrée, tendue dans le sommeil. Rien. Alors je me dis: il y avait longtemps. Vrai - Faux. Je n'avance pas. Je bloque sur la même marche. Il faut quitter ce boulot ou cesser de le fuir. Il faut être ou partir. Mais là, entre deux portes, c'est insupportable. Pars Frouche. Lâche l'affaire. Tu ne sortiras jamais de cette impasse. Recule, recule encore... Voila tu y es, sortie du tunnel. De toutes les façons, il n'y a pas de sortie. Recule, fais marche arrière, sors de ce bourbier. Prends une autre direction, pour avancer c'est la seule solution. Ca fait des années, que tu avances dans le noir d'un tunnel sans issue. Arrête ta course, la sortie est bouchée. Tout est noir. Recule, fais marche arrière. Quand tu auras retrouvé la lumière, tu n'auras même pas l'embarras du choix. Tu iras juste au bon endroit. 

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libération anticipée

Plongée dans mon absence... Il y a en face de moi ce travail à faire depuis bientôt 30 jours.  Je fais et je refais le même texte. Le soir, je promets de conclure. Le lendemain, les mains retroussées, je démarre en trombe. Brutalement, je m'arrête, au milieu d'une phrase. Je n'y suis plus. Un journal, et puis deux. Des mots avalés: faits divers, profils, tout y passe. Je lis comme on finit une tablette de chocolat, comme on mâche à grands bruits. J'évite le seul endroit ou l'on m'attend à juste titre. Merde Frouche, sors de là. 

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21 septembre 2012

CENSURE

Ne me lis pas, s'il te plait. Tu connais sûrement le nom du lieu. Frouchetouloume, le mot vient de ma mère. Tiens, depuis que sa mort s'éloigne, je ne sais plus si bien dire Maman. Ne me lis pas en prenant les mots pour argent comptant. Je les jette sur la page pour ne pas les oublier, pour les poser ailleurs. Ne me lis pas. Ton regard, ta présence présumée verrouille la spontanéité. Je n'ose plus autant livrer le tréfonds. Changer de lieu, d'adresse, partir sans laisser de lien. Je n'en ai pas encore l'audace. Peur de l'inconnu. 

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BARRETTES

Je suis noircie d'addictions, comme des grands coups de crayons. En quelques minutes, un paquet de chewing gum me transforme en ruminant pachidermique. Je mâche, je mâche, jusqu'à l'explosion aprés des mois passés loin de la gomme. Il suffit d'une ou deux barrettes pour me faire plonger dans le passé. Tout est addictions, habitudes, tout est irrépressible. 

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